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Bolton

Bolton La vie n'est qu'histoires pour enfants

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J'aime le gingembre !

Par Bolton :: 15/01/2008 à 15:53 :: Général
Comprendra qui pourra !

J'ai en tout cas enfin trouvé une compagne, et bien plus que ça...
Le terme "enfin" n'est pas si bien approprié d'ailleurs. Je n'étais pas tant en recherche, en chasse comme peuvent dire bien souvent certains drôles d'enrgumènes.

Après tout, est-ce bien moi qui l'ai trouvé ? Ou n'est-ce pas plutôt elle qui m'a alpagué ?!

Toujours est-il que me voilà non seulement accompagné, mais surtout rayonnant de joie à ce sujet. Une bien belle nouveauté !
Mais j'aurai du le savoir que cela m'arriverait... Leocadia me l'avait affirmé ! Elle est trop forte... Oméga 3 + mooncup + cure de raisain = un mélange qui lui réussit !

J'en fini là avec cette page de bonheur. On est pas là pour se targuer que la vie est belle !
Bon, vite un article de râlage de "vie de merde" et de "société pourrie" !

Nouvelle vie

Par Bolton :: 09/01/2008 à 15:48 :: Général
Pour ce blog comme pour moi-même !

Je reprend vie ici pour être comme je suis, sans peur des regards extérieurs si pénibles et affligeants parfois !

Ici je ne suis plus un homme, un ami, un fils, un collègue de travail... je ne suis que moi. Enfin. Je peux me dévêtir de toutes ces peaux qui ne sont pas moi, d'une épiderme bien trop lourde parfois.
J'arrache le futile pour ne garder que l'important. Je me libère de toutes chaînes sociales, amicales, familiales, si encombrantes.

Ici, je ne suis presque rien, juste tout.

Je me présente à vous, qui n'êtes pas plus que moi donc si majestueusement imposant et important.

Je suis Bolton.

Rencontre

Par Bolton :: 24/08/2007 à 9:09 :: Général
Je n'aurai même pas du être sur ce trottoir !  J'aurai très bien pu récupérer ce colis autrement, la semaine suivante, mais j'avais accepté qu'on me le dépose à l'arrêt du train, et j'avais donc pris la route de la gare.

Je marchais tranquillement, en vacances en esprit et dans les faits. Elle était là, au mileu de la voie, perdue, comme un poisson hors de son élément. Elle me posa une question mais j'étais trop loin pour la comprendre. Je me raprochais.

Je n'aurai pas répondu habituellement, mais cette fois-ci, je ne sais pourquoi, j'allais écouter ce que quémander cette jeune personne.

Elle était à la recherche d'une banque, pour ouvrir un compte. Elle n'avait jamais fait ça et, depuis peu en France, elle ne savait pas comment s'y prendre. C'est urgent, elle doit y déposer sa première paye. Elle est partie de chez son mari. Il est violent, très violent.
Je lui indique rapidement où il y a une banue et la laisse à ses ennuis. Puis je me retourne, lui explique que j'ai un coli à récupérer à la gare mais qu'après, si elle n'est pas arrivée à ouvrir un compte, je l'aiderai.

Je ne sais pas ce qui a pu se passer, mais ça s'est passé...

A mon retour de la gare, le colis dans le sac, je retrouvais ma petite paumée un peu plus désespérée. Elle m'explique qu'on lui a proposé un rendez vous, mais il lui faut ouvrir son compte aujourd'hui. Je vais l'accompagner dans ses démarches.

Parenthèse

Par Bolton :: 04/08/2007 à 15:06 :: Ecrits
"Sans conséquence".

Elle est venue vers moi et m'a susurré à l'oreille : "quoiqu'il se passera ce soir, ce sera sans conséquence. Tu es bien d'accord ? "

Elle a alors plongé dans mon regard pour y déceler toutes formes de réponses. Elle ne semblait y trouver de quoi la convaincre mais s'allongea tout de même sur mes genoux, féline à la peau si douce, s'offrant ainsi à mes caresses comme à mes désirs.
Elle inventa même une excuse pour pouvoir nous ouvrir la voie de la douceur, comme si nous en avions besoin. Une protection contre la raison pour laisser le coeur et le corps s'exprimer.

Mes doigts frolèrent sa chevelure avant de se perdre autour d'un sein. Les battements des poitrines se firent plus anarchiques, le rythme montait. Nos lèvres se retrouvèrent. S'étaient-elles jamais quittées ? Nos corps s'unirent. Ils se complétaient dans une danse folle, tendre et forte, improvisée, précise et bestiale.

La nuit nous emporta, balayés de caresses et de râles. Le tourbillon nous engloutissait une fois de plus.

Des conséquences, il y en a toujours, mais elles seront cachées ou refusées.
Il me reste une nuit formidable, un matin tendre et simple et l'adieu sur le quai d'une gare. Un rêve romantique où, profitant d'une parenthèse de vie, l'amour s'est lié à la passion et aux désirs.
Et pour les conséquences, je ne m'inquiète pas. L'amour et l'amitié sont assez forts pour les gérer !

" Chacun pour soi est reparti.
Dans l'tourbillon de la vie...
"

Express... (partie 8)

Par Bolton :: 17/01/2007 à 17:08 :: Express - nouvelle
épisode précédent (Partie 7)

Jules a donc quitté l'école, et a ensuite connu la chance d'être embauché par une usine du village. Il est devenu tourneur, avec un salaire récompensant honnêtement son travail. Un salaire qui lui permit de faire vivre sa mère et lui, et qui le fait vivre encore. Son oncle fut très mécontent du choix du garçon.
Il est très courageux et connaissait bien le métier, peut-
être même mieux que lui. Pendant un temps, il réussit à embaucher Jules, les soirs après l'usine, sans le payer, naturellement, au chantage affectif, soutenant que la ferme lui appartenait et que sans aide de la part du garçon, il pourrait bien décider de la vendre.
Puis, un jour, la prévision de Rosette se réalisa. L'oncle pris le même chemin que son frère. Lui aussi monta au grenier. Mais il ne voulait pas se pendre, lui. Il était monté dans son grenier recherchant certainement quelque chose, on n'a jamais su... Sa femme la retrouvé allongé sur le sol. Le docteur a dit que c'était une crise cardiaque. La Marie en a traduit que son mari avait trop donné de son cœur et qu'il ne lui en restait plus assez pour lui. En d'autre terme, comme elle l'avait toujours dit, s'il n'avait pas aidé cette Rosette et son fils, il serait encore de ce monde. Jules trouva que sa tante exagérait et qu'il n'existait pas de lien, mais le village préfère écouter les rumeurs fantaisistes que l'exactitude scientifique.

La ferme, même mal entretenue, a encore un sacré cachet. Elle comporte de très belle pierre. Sa cour a un joli puits sur sa droite, et sur le gauche, accoudé au mur de la cuisine, un lavoir trône.
Sa mère y a vécu encore quelques années, jusqu'à ce que cette foutue maladie l'abatte, comme une bête. Saleté de cancer. Un mois entre le début de la maladie et l'enterrement. Un mois. Pas assez de temps pour faire ses bagages correctement. Les docteurs lui avaient bien dit qu'elle avait eu de la chance finalement, Rosette, qu'elle aurait pu souffrir bien plus et plus longtemps, et que c'était pas si mal après tout qu'elle parte avant de trop souffrir. Mais Jules n'était pas d'accord. Il aurait bien aimé qu'elle reste encore un peu de temps, qu'il puisse trouver les mots pour lui dire adieu...

 

A la mort de sa mère, Jules avait pensé reprendre la ferme familiale, la retaper, lui redonner vie. Deux cents ans qu'elle était dans la famille. Elle était la famille. Mais il est marié. Sa femme s'y opposa farouchement. Elle ne voulait pas vivre dans une maison où quelqu'un était "monté au grenier". Elle avait sans doute raison. Peut-être que ce n'était pas bien pour des enfants, une maison avec un pendu au dernier étage. Elle le disait que le mauvais œil était sur la maison, et peut-être bien sur la famille même.

Jules rentre sa tête et referme la fenêtre. La voiture repart, fait demi-tour et reprend la direction du cœur du village. Il continue son petit pèlerinage au coeur de sa vie. La voiture repasse sur l'intersection et passe sans réflexion. Elle s'immobilise une nouvelle fois devant le parvis de l'église.
Jules stoppe le moteur, éteint les feux et observe le bâtiment. Cette bonne vieille église, qui avait vu au XIIe siècle des paysans fous de religion et de passion s'y affairaient et la construire pierre par pierre.

C'est ici qu'il a fait toutes ses communions. C'était des moments magiques. Non pas qu'il soit un fiévreux chrétien. Ça non ! C'était juste dans la bonne marche des choses. Il fallait bien le faire, tout le monde l'a fait. Et puis, c'était de bonnes raisons pour réunir toute sa petite famille, et cela en son nom, autour de lui. Cela le mettait sur un pied d'estale, lui le roi de la fête, roi d'un jour. Et même après le départ de son père pour le grenier, il existait une vraie excitation pour ses rendez-vous familiaux. Les seules fois où il se vit heureux, où il se souvenait sourire, au sein de sa famille. Son oncle était alors jovial, et sa tante laissait faire, tout en jurant bien des choses dans son chemisier. Il retrouvait ses cousins, pour jouer et non pour travailler comme à l'accoutumé. Les parents discutaient autour du banquet dressé dans la cour de la ferme, et les jeunes couraient entre eux, inventant des jeux à la pelle. Et puis, sa mère était si fière de lui...

C'est ici, aussi, où il s'est marié, et où il avait baptisé ses enfants. Ah ! Le mariage. Sa mère était tellement heureuse de « caser » son petit. Lui dans son superbe complet gris. Il n'avait jamais été aussi bien habillé. L'enfant de la campagne était habillé comme un jeune de la ville, un rupin. Et sa future femme était si belle, si distinguée dans sa robe de dentelles, remplissant son décolleté flamboyant, tuant de jalousie tous les hommes de la commune.
Il l'avait rencontré lors d'un bal du 14 juillet. C'était la fille d'un boulanger vivant à la ville voisine. Mais, sa famille avait, autrefois, habité le village et elle aimait revenir ici pour les vacances d'été et pour les fêtes. Elle était resplendissante. Autour d'elle tournaient les garçons jeunes et moins jeunes du village, tel des abeilles autour de la ruche. Jules, lui, la regardait, la désirait de loin. Il n'osait pas l'aborder. Non pas qu'il fut moche. Non, il était même plutôt bien fait, avec de larges épaules de travailleur, et un visage carré mais tendre. Non, il était timide, c'est tout. Une vraie maladie. Peut-être déjà un peu lâche, mais ça elle ne l'avait pas vu.

Alors que tous les garçons essuyaient de nombreux refus de sa part, Simone vit ce jeune homme qui, gêné, n'osait venir lui parler. Cela l'amusait, elle, la fille de la ville à qui rien n'effraie dans cette campagne qu'elle juge somme toute assez primaire et facile à vivre, à dompter.
Jules vit s'approcher cette superbe jeune femme, peut-être encore un peu fille, mais avec une mâture assurance. Et plus elle s'approchait avec son sourire éclatant aux lèvres et plus lui sentait ses jambes capables de lâcher, son coeur s'emballer, son esprit s'évader et ses bras se crisper. Il voyait ces longues jambes faire danser une douce robe d'été, cette poitrine gonflée et généreuse, ces mains douces et ce visage fin, et surtout, surtout, ces yeux verts qui l'irradiaient, l'immobilisaient, le tétanisaient.


(à suivre...)

Express... (partie 7)

Par Bolton :: 10/01/2007 à 9:28 :: Express - nouvelle
épisode précédent : Partie 6

Il a coupé la climatisation de la voiture. Il n'en a pas l'utilité ce soir. Elle fait trop de bruit et lui, il a besoin de silence. Il descend la vitre de la portière passager et penche la tête au travers. Il fixe la lucarne du grenier.
Ce jour là, il avait dix ans et il venait d'apprendre ce que voulait dire monter au grenier, et aussi ce que c'était d'être triste et d'en vouloir à quelqu'un. Il en voulait à son père de l'avoir laisser seul, et à sa mère d'être une mauvaise femme.

Un soir, poussé par curiosité, sans doute morbide, il a grimpé à l'échelle. Le grenier n'avait pas bougé depuis que son père y était monté, 2 ans avant. Une profonde odeur de renfermé, de moisi, de mort, planait. Il s'était approché de la grande poutre centrale, certainement là où son père avait noué la corde. Une caisse, qui avait sans doute servi de tabouret, était encore là, au centre de la pièce sombre. L'odeur était oppressante.
Il resta assis sur la caisse plus de trois heures. Puis, il remis la caisse dans sa position la plus haute et monta dessus. En forçant sur les pointes des pieds, il put toucher la poutre, certainement là où la corde était enroulée. Il resta pendu par les bras un moment. Il se sentait proche de son père, pour la première fois.

Pourquoi avait-il fait ça ? Ce n'est pas seulement par la faute de manque de maternité de sa mère. Cette hypothèse, cohérente à son esprit d'enfant, ne colle plus à sa vision d'adulte. Que s'était-il passé ? Il a essayé à plusieurs reprises de comprendre. Il interrogea sa mère, mais jamais elle ne lui répondit.

« Ne parle plus de ça, beuglait-elle, parler des morts, c'est pas bon. Pas bon pour les vivants. Faut les laisser où ils sont, surtout ceux qui montent au grenier. »

Il avait alors interrogé les amis et connaissances de son père, le reste de sa famille. Tous répondirent qu'il y avait des tonnes de raison qui poussent un homme à monter au grenier, et même des fois, il n'y en a pas besoin, alors comment savoir. Mais lui, il comprenait, il sentait qu'il y avait certainement une raison, un secret, un mystère que tous lui cachaient pour le protéger, pour ne plus en parler. Les morts on n'en parle pas. Les suicidés, encore moins, ils sont sortis d'eux même de ce monde, cela ne nous regarde plus...

Mais aujourd'hui, il arriverait presque à comprendre, pas les raisons, non, mais le geste...

A dix ans, il était donc devenu l'homme de la famille. Son oncle avait repris à son compte les travaux de la ferme, mais Jules sentait bien peser sur ces maigres épaules la responsabilité de l'homme de la maison.

« Il faudra travailler, et vite, lui sermonnait sa mère, tu comprends, on va pas vivre toujours grâce au frère de ton père. Il va bien nous lâcher, lui aussi, un jour. Comme ton salop de père. C'est de famille ces choses là, crois-moi. »

Alors Jules travaillait, les soirs en rentrant de la classe et les week-ends, de plus en plus, pour aider l'oncle, pour mériter sa générosité, « qui ne durera qu'un temps », comme disait Rosette. Il travaillait dur, mais jules sentait que ce n'était pas sa vie. Il ne voulait pas être soumis à la bonne volonté de son oncle, qui de plus en plus s'était approprié les terres de son frère.
A seize ans, l'oncle pris son neveu en tête-à-tête. Jules s'en souvient très bien. La scène s'était passée là, prés du puits. Jules était en train de tirer de l'eau pour le potager de sa mère. Son oncle était assis sur le bord du puits, allumant une de ces ignobles cigarettes au maïs.

« T'es courageux, petit. C'est bien. T'es devenu fort maintenant... C'est aujourd'hui ton anniversaire. Pas vrai ?

-         Demain j’aurai seize ans.

-         C’est ça, demain. Et tu comptes faire quoi ?

-         Comment ça ?

Jules ne comprenait pas. Mais son oncle précisa. Il veut simplement le mettre au travail.

-         Je te propose un travail. Tu seras mon garçon de ferme.

-         Mais tonton, et mon BEP ? J’apprends un boulot là !

-         C’est bien, mais c’est maintenant que tu dois te mettre au travail. Tu crois que je vais vous soutenir longtemps toi et ta mère. Si tu veux vivre faut la gagner ta vie ! Tu comprends, ça fait Six ans que je vous tiens à bout de bras. Six ans que cet argent j'aurais pu le mettre dans ma ferme. Six ans que la Marie elle m'engueule. Tu sais bien que ta tante ne s'entend pas du tout avec ta mère et qu'elle voulait pas que je vous aide. Alors j'ai était bien gentil, mais maintenant tu dois te démerder. C'est normal !

Jules s'en souvient très bien de cette entrevue, du visage tournant au rouge et au cramoisi de son oncle, de sa masse imposante qui le bloquait, du vertige qui le prenait coincé entre l'odeur infecte d'une bouche n'ayant jamais connu que la charcuterie, l'alcool et les cigarettes, et derrière lui, le vide du puits qui semblait le happait, l'appeler.

(à suivre...)

partie 8

Express... (partie 6)

Par Bolton :: 09/01/2007 à 20:30 :: Express - nouvelle
épisode précédent : Partie 5


Il remonte dans la voiture, laissant derrière lui les pensées douces amères de l'enfance. L'auto s'enfonce un peu plus dans le corps du village, arrive au croisement, s'immobilise à nouveau.

Il savait très bien ce qui l'attendait sur le chemin de droite... Sa route pourtant continue bien sur la gauche... Il n'avait aucune raison de partir à droite, le chemin de la grande maison. Il souffle, soupire. La sueur investit son cou. Depuis combien de temps n'y était-il pas venu ? Longtemps qu'il n'avait pas eu le courage.
La voiture semble choisir pour lui et s'engage sur cette voie.

La ferme est toujours là. Elle semble même l'attendre depuis longtemps pour ce rendez-vous nocturne. Toujours aussi massive et majestueuse. Il est né ici, dans une des chambres du premier. C'est une grande ferme, construite sur deux étages, sur la gauche la montée pour la grange, et en dessous l'écurie. Elle est en vieille pierre, debout depuis deux siècles, elle en a vu des générations de ses aïeux se casser le dos au travail de la ferme.
Il se rappelle du travail de la ferme, les poules courant dans la cour, le réveil du coq le matin, le bruit des cochons, la rentrée des vaches le soir, puis la traite. Il se rappelle aussi du cri du cochon quand ils le tuaient, et puis les saucisses et saucissons qu'ils faisaient après, la bonne odeur de la viande, la douce sensation quand il enfonçait ses mains dans la chaire à saucisses qu'il mangeait en cachette avant de l'enfourner dans les boyaux.
Il se rappelle aussi ses parents, lui enfant à la ferme, puis lui travaillant pour la ferme. Son père qui lui montrait comment s'occuper des bêtes, des champs... Il ne vivait pas dans une grande harmonie, une ferme n'est pas un endroit calme, mais il était dans son élément, chez lui. Du moins, avant que son père ne monte au grenier.

Ils auraient aimé avoir plus d'enfant, ses parents, mais voilà, lui seul avait bien daigné venir. En aucune façon Rosette, sa mère, avait réussi à en faire d'autre. Et son mari lui en avait voulu pour ça. Puis un soir, pour la punir, il était monté au grenier.
Lui, il avait dix ans, il était chez son oncle. Il y était allé en vacances, donner un coup de main pour les vendanges. Quand il est rentré, sa mère lui a expliqué : " Ton père est monté au grenier, tu comprends Jules. Il y est monté. Pour me punir, tu entends. Moi, je sais pourquoi. Il voulait me punir, tu comprends fils. Parce que tu n'as jamais eu de frère. Parce que je n'ai pas su faire d'autre petit, tu comprends. J'suis une mauvaise femme qui m'a dit l'autre jour. Une mauvaise femme. "

Et pendant plusieurs jours Jules attendit que son père redescende du grenier. Mais il ne venait pas. Lui, il avait trop peur d'y aller voir. Que pouvait-il donc fabriquer là-haut ? Tout ça pour punir maman... Il entendait parfois sa mère pleurer et maudire son mari d'être monté au grenier. Jules ne comprenait pas. Un jour il demanda à sa mère ce qu'il faisait donc là-haut le père.

" Mais que t'es couyon mon fils, dit-elle en lâchant quelques larmes, tu n'as donc rien compris ? Ton père, il s'y est pendu là-haut, le salop. "

(à suivre...)

èpisode suivant : Partie 7

Express... (partie 5)

Par Bolton :: 08/01/2007 à 7:46 :: Express - nouvelle

Partie 4


La voiture entre dans le village. Tout parait encore si calme. Le dimanche les gens dorment. Les seules voitures qu'il risque de croiser sont celles des jeunes fêtards, embués d'alcool et de sommeil.

Il roule doucement, regarde les maisons défiler lentement sous ses yeux. Devant chacune, il peut voir les visages de ces gens dont il a partagé un peu de la vie au long des années. Son regard se pose plus sur certaines bâtisses, certains souvenirs, d'enfance, d'adolescence...
Le véhicule passe devant la petite école. Son regard alors se fixe. L'auto freine, revient en marche arrière et se gare devant l'école, la cour, le préau... Elle paraît bien morte cette petite cour enfoncée dans la nuit. Elle ne vie qu'avec les rires et les pleures des enfants, et sans, elle perd son âme, son énergie, devient un lieu triste. Les fantômes alors y rodent.

Rien ne semble avoir changé malgré les nombreuses années. En fermant les yeux, ses fantômes reprennent corps et, alors, la cour s'emplit de ses souvenirs. Les jeux de marelle réapparaissent. Ils sont là, sur la droite, prés des portes des classes. Au fond les latrines, lieu de rendez-vous des jeunes explorateurs, ceux qui découpent les scarabées et cuisinent les sauterelles. Sous le préau, les filles font de la corde à sauter, les garçons initient leur virilité et leurs envies de pouvoir, de victoire, avec les billes qui roulent, s'entrechoquent, créant vainqueurs et perdants, des contestations, des bagarres... Et, là devant la grille, le petit bac à sable, les châteaux, les pâtés... qu'est-ce qu'elle paraît petite cette cour à ses yeux d'homme, alors qu'elle représentait tout un univers à ses yeux d'enfant.

Un sourire traverse son visage.

Il revoit les parties déchaînées de gendarmes et de voleurs, les camps protégés, la prison, mais aussi les bouts de mur idéal pour les chats perchés, le grand arbre qu'ils devaient contourner pour les courses, le mur de la maison des Soeurs qui servait pour les 'un deux trois soleil'. Il revoit aussi les parties endiablées de foot entre copains avec un terrain prenant toute la cour avec un angle droit en son coeur. Il arrive presque à ressentir les bisous volés, les premiers, ceux de la maternelle...
Une petite école de campagne, seulement deux classes, deux institutrices, les premières laïques à avoir remplacer les bonnes sœurs, s'attachaient à éduquer les enfants du village, maternelle et primaire. Après, il fallait prendre le bus, aller à la ville voisine, au château qui accueillait le collège et lycée. Il fallait quitter le confort de cette petite cour, de cette petite classe douillette où ils n'étaient que trois ou quatre par tranche d'âge, et se retrouver dans une immense cour de château où tous se connaissent entre eux sauf les jeunes des villages périphériques. Il fallait alors reprendre ses marques, refaire ses gammes et s'incorporer dans cette nouvelle classe de trente deux élèves.

De nombreux jeunes du village n'y arrivent pas. Cela a été son cas. Et de ses anciens collègues d'école primaire du village, sur la vingtaine d'élèves, seul deux ont fait des études et vivent de leurs diplômes... Les autres, comme lui, se dirigent soit vers des écoles techniques, soit partent travailler le plus tôt possible aux champs ou à l'usine.

Il ouvre les yeux, quitte l'immense cour du château et retrouve face à lui la petite cour d'enfance. La vapeur de ses souvenirs s'évanouit peu à peu. Les rires, les pleures, les chants d'enfants semblent reprendre le chemin du souvenir, du lointain.

Il se souvient de tous les jeux pratiqués ici, lors des récréations qui semblaient durer soit quelques minutes, soit une éternité. Il se rappelle de cette après midi, où ils jouaient au ballon prisonnier, de ce ballon qu'il avait voulu éviter, de son saut sur le sol et d’un atterrissage des plus ratés, du mal qui abonda dans sa bouche et de cette incisive qu'il perdit.

Son visage s'emplit de mélancolie. Il touche sa fausse dent qui lui barre depuis son sourire.

Ah ! L'enfance, et ses douceurs...


(à suivre...)

épisode suivant : Partie 6

Express... (partie 4)

Par Bolton :: 07/01/2007 à 13:19 :: Express - nouvelle
Partie 3

Il se trouve assez loin à présent. Il lance le moteur et met les feux de croisement. Il roule lentement, regardant attentivement ce bon vieux village. Il a toujours vécu ici. Il n'a rien connu d'autre que ces lieux

Il y dormait, y vivait, y travaillait. Seuls les courses lui demandaient de sortir de la commune. Lors des moments d'égarements et de fatigue, il allait même à se demander si le monde dont tous parlent à la radio, dans les journaux, ou à la télévision n'existait en fait que dans ces médias. Rien n'était réel que son travail, sa vie, son village. Mais n'y avait-il pas que ce village de réel, finalement ? Ou alors, était-ce le seul à ne pas exister ?

Toujours est-il que rien d'autre n'existait...

Ce village c'est sa famille, son histoire, ses racines, son feuillage. Il le connaît si bien. Ses routes, ses chemins, ses maisons, ses hameaux... ses bois, ses forêts qui le bordent, les sentiers qui s'y perdent. Comme il aimait à s'y perdre ! Il s'y enfonçait lentement, se retrouvant au milieu de nulle part, au milieu de chez lui. Il connaissait tous les recoins, les clairières, les rivières s'écoulant doucement, ou plus rapidement, les cascades discrètes au creux des rochers, les vielles bâtisses, les emplacements de châteaux à jamais disparus, mais aussi les petites grottes, les coins à animaux, biches, renards, lapins, et les coins à champignons.

Ah ! L'automne et ses merveilles... Les longues sorties humant l'air frais et doux des sous-bois, plongeant ses mains au cœur de l'humus pour en sortir les bolets, chanterelles, et autres champignons... Il aimait ses longues ballades, ressortir le panier plein et l'esprit libre. Et si jamais par bonheur il lui restait encore un peu de place dans son panier, il rentrait à travers les champs pour cueillir quelques rosés et bergères.
Et puis il y a les nombreux arbres, chênes ou pins, ceux qui l'ont toujours suivi., accompagné, regardé vivre. Majestueusement dressés depuis de si longues années, ils en ont vu passé sous eux, ils en ont vu vivre, des pauvres, des riches, des illustres, des banaux. Ces nobles des bois, comme il aime les nommer, se réveilleront-ils jamais ? S'ils pouvaient lui parler, lui conter l'histoire des temps, de ceux des bois...

Il jette un œil mélancolique sur le bord de la route, là où dort paisiblement, prise sous la couche de brume et enroulée de nuit, la forêt de son enfance, ses véritables racines. En s'en éloignant ne risque-t-il pas de tourner le dos à sa mémoire, à celle des hommes, à celle du monde...
Certains appellent cela communier avec la nature. Il n'a jamais vraiment compris pourquoi. Communier ? La nature n'est pas une religion, ni une idéologie... à l'heure du « tout – Bio », il ne faudrait pas la transformer en secte.
Lui, il voit plutôt cela comme vivre au milieu de la nature. Vivre, c'est tout. Il ne s'agit juste que de sa terre natale, celle dont il doit se plonger en sons sein pour se ressourcer, pour vivre ou trouver la force de survivre, tout simplement.

(à suivre...)

Partie 5

Express... (partie 3)

Par Bolton :: 05/01/2007 à 7:24 :: Express - nouvelle
Partie 1

Partie 2


Il descend les marches avec la précaution des chats aux abois. Il arrive à sa voiture, ouvre la portière et desserre le frein à main. Il la pousse vers la route en contrebas, en tenant d'une main le volant. Quand le chemin verse sur une pente plus prononcée, il saute à l'intérieur de l'auto et maîtrise l'avancée en jouant avec le frein. Il n'a toujours pas allumé le moteur. Il veut attendre le dernier moment, au moins d'atteindre le goudron. Là, il sera assez loin. Il a trop peur d'attirer les soupçons, de réveiller la maison avec le bruit du diesel. Si jamais elle l'avait vu, elle aurait pu tout faire échouer. Il a tellement peur d'être surpris.

Le petit chemin l'amène doucement sur une voie plus importante qu'il prend dans la direction du village dormant plus bas sur la route. Son œil reste rivé sur la maison, sa maison. Son ancienne maison...

Il l'a construite de ses mains. Le chantier a été réalisé entre gens du village. Les plaisirs de la communauté d'un petit village de campagne. Les coups de mains pour tous types de travaux sont trouvables assez facilement, ils sont même fréquents. Il suffit pour cela de la bonne humeur, et que l'apéro soit présent au labeur. Mais aussi la promesse d'un superbe casse-croûte à la fin des travaux. Et pour l'apéro comme pour les banquets, ils ne sont pas les derniers au village. Aussi bon travailleur, aussi courageux qu'ils aiment bien lever le coude. Et ce n'est pas peu dire...

Alors, tous les soirs après le boulot, tous les samedi et même certains dimanche, les hommes du village, qu'ils soient forts ou frêles, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, Tous se retrouvent dans le pré. Les maisons sortent ainsi de terre. C'est ainsi par ici.

Ainsi, pierre après pierre, apéro après apéro, fou rire et débauches d'énergie, la maison prenait forme. La maison se construisit. Leur maison. Elle se fit telle que sa femme l'avait voulu, suivant ses plans à elle, ses désirs. D'ailleurs rien n'était trop beau pour la ravir. Il l'aimait et voulait le mieux pour elle, pour eux pensait-il. Alors il donna du temps et du temps pour la construire cette maison. Pouvoir construire un nid douillet pour leur amour, et peut-être bientôt leur famille. L'espérance, celle qui vous emporte dans les projets les plus durs, les plus fous.

En ce concentrant un peu, il peut les revoir, ces jours heureux... emplis de jeunesse, de courage et de bonheur...
Ils attaquaient tôt le matin, réunis autour du café. Les jours de travaux étaient longs et pénibles, mais l'amitié et les nombreuses pauses faisaient le reste. Les amis d'enfance avaient tous répondu présent, ceux qu'il connaissait depuis la maternelle.

Vers 08 heures ils se retrouvaient autour d'un canon de blanc et d'un morceau de pain frais. Puis, ils ne s'arrêtaient que pour manger vers 13heures. Les femmes les rejoignaient alors au chantier, amenant le repas avec elles. L'apéro était joyeux et plein d'entrain. Après une courte sieste digestive, les voilà reparti pour le travail. Jusque tard le soir.

Ah ! Les amis ! Pour construire la maison. elles les aimaient bien. Mais après...

(à suivre...)


Partie 4

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