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Express... (partie 1)Par Bolton :: 31/12/2006 à 11:14 :: Express - nouvelle
Express Il se réveille tôt. Comme souvent. 4h 15. En avance. Tant mieux... Longuement il a réfléchi. Une bonne partie de la nuit... Une bonne partie de ses nuits depuis bien des semaines... Il est sûr maintenant. Sûr de lui. De ce qu'il lui reste à faire. Depuis combien de nuits y pense-t-il ? Combien de nuits à tourner, à réfléchir, à sombrer avec les démons du doute, du remords ? De longues nuits à attendre le sommeil, les yeux fixés au plafond et l'esprit au fond de l'abîme. Combien de ses nuits se sont elles écoulées pour qu'il se décide enfin, qu'il soit sûr ? Combien de temps lui a-t-il fallu pour trouver la force, le courage ? Qu'importe... Il lui a fallu des dizaines, plus d'une centaine peut-être, des mois à établir son plan, tel un petit général au fond de ses draps... retourné de son côté, il est alors le seul le dirigeant de sa vie, il peut la créer, la réinventer. Il est le chef, l’ultime supérieur, véritable empereur de son existence. Cette nuit il se doit d'obéir à ce petit Napoléon de la couette. Il peut encore reculer... L'idée lui traverse, l'esprit comme un coup de fusil, résonnant en lui en une terrible migraine. Non ! Ne pas reculer. Surtout pas ! Pas encore une fois... Il prend son manteau et regarde le long couloir. Il se perd dans l'obscurité. Au bout, la porte. 5 mètres. Une distance qui paraît si longue aujourd'hui... Il marche doucement, de peur que le plancher puisse le trahir, s'immobilisant, se tétanisant, au moindre craquement suspect créé par ses pieds lourds. Il se sent un peu ridicule de marcher ainsi, tel un équilibriste, ses chaussures à la main, tel un étranger dans sa propre maison. Comme un enfant faisant le mur, la peur au ventre d'être surpris, d'être pris, par sa mère... Mais il a pris l'habitude d'être perçu comme quelqu’un de ridicule... Il se rapproche de la porte. Plus qu'un mètre. En étirant le bras, il peut presque toucher la poignée, l'effleurer. Il y est presque. Ne pas faire de bruit... ses muscles se crispent, se durcissent. Un crissement aigu surgit du parquet sous ses pieds. Il s'immobilise, se fige. Etait-ce un petit bruit ou une grande douleur qui risque de le trahir ? Seul le silence lui vint en réponse. Il touche de la main la poignée de la porte, puis, comme attiré, il se retourne doucement pour observer une dernière fois le couloir, les portes, où, enfouie dans le silence nocturne persiste le fantôme de sa vie. 27 ans de sa vie.
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